L’Orient le Jour – Samedi 23 octobre 2010 “ Chi Gharib”, de Michel Jabre, au Béryte Théâtre –

 C’est pour célébrer le 150e anniversaire d’Anton Tchekhov que le metteur en scène Michel Jabre a mis quelques-unes de ses nouvelles en scène dans une comédie baptisée “ Chi Gharib”. Les jeudis, vendredis, samedis et dimanches au Béryte. Le novelliste, dramaturge russe et médecin de profession sait manier la plume comme le scalpel, observe Michel jabre, car tous les caractères que Tchekhov croquet sont abordés avec precision et exactitude. Dans “Chi Gharib” ( Comme c’est étrange!) c’est la nature humaine qui est victime du bistoury de Tchekhov. Un homme, une femme sur scène. Puis deux autres  et trois. Autant d’équations, d’hypothèses et de portraits de la gent masculine et de la gent féminine qui sont esquissés devant nos yeux. De leurs petits vices à leurs grandes qualités, de leurs rapports à la monotonie et des alliances qui les unissent. Tout ce défilé intemporel est si bien mené, que tout le monde pour s’y reconnaître. Le metteur en scène Michel Jabre a su reproduire la banalité des caractères et la planitudes des situations, comme le voulait Tchekhov. “ En effet, chez ce novelliste, les histoires s’achèvent toujours en queue de poisson, dit – il, et jamais un événement ne vient casser l’ennui de l’action” qui est, en fait, une non – action, voir une simple situation humaine. Sur scène, Joseph Sassine, Andrée Nacouzi, Youmna Bou Hanna, Nesrine Abou Samra, Diamand Abou Abboud, Rami Atallah et Michel Jabre, des acteurs et actrices au meilleur de leur forme, même si le jeu se qualifie par son classicisme et une linéarité volontaire. Mais là où le spectateur n’accroche pas, c’est le manque de possibilité d’évasion. Tout d’un coup, la scène semble plate, sans aspérités, sans un de s’échapper ou de rêver. Le public se retrouve tout autant que les comédiens, prisonnier d’un texte rigide, décalé de notre temps. Le théâtre a comme objectif premier d’être mouvant, ouvert, même s’il relève du classicisme. D’être une plateforme où tout est jouable, interprétable. N’as – t- il pas vu des merveilleuses adaptations de Racine ou Molière contemporaine et même très modernes ? Michel Jabre pèche par un trop grand respect du texte. Jusqu’à l’étouffement. C.K